Alors que la bi-nationalité ne bénéficie pas de la surexposition médiatique obsessionnelle concernant la nationalité, l’identité et son lexique néfaste de « Français de papier ou de souche », elle devient soudainement centrale tous les quatre ans au moment de la Coupe du Monde de football. Cela s’explique à la fois par la présence des symboles patriotiques qui abondent dans le monde du sport et dans ses événements, mais également parce que cela pose la question de l’appartenance à la communauté nationale.

Le sportif porte-étendard

L’hymne national, les drapeaux, les tenues, les mascottes déclinés sur tous les supports possibles sont autant de symboles patriotiques qui représentent un pays et son équipe lors d’une compétition sportive internationale, en particulier dans le football. Le Mondial est une sorte de trêve ponctuelle, puisque le reste du temps il est normal de voir les joueurs évoluer dans des clubs du monde entier, sans qu’il soit fait mention de la binationalité. Avec la Coupe du monde, chacun est pris d’une sorte de fièvre patriotique, le plus souvent de circonstance et enthousiaste, mais aussi parfois malheureusement de façon négative, comme lors de la demi-finale France-Maroc le 14 décembre dernier. C’est Jean-Marie Le Pen qui avait inauguré en 1996 les questionnements concernant l’origine des joueurs français, tant sur le pays d’origine de leurs parents que sur leur couleur de peau[1]. De même, on a pu constater de l’irritation face à la célébration des victoires footballistiques de Français d’origine étrangère (ou d’étrangers) de leur pays d’origine ou de celui de leurs parents, comme si on ne pouvait aimer les deux pays constitutifs de son identité. Paradoxalement, ceux qui s’en offensent sont les mêmes qui se ravissent de voir les communautés françaises à l’étranger célébrer l’équipe de France, avec force béret et drapeau tricolore peint sur le visage.

Cette crispation est d’autant plus curieuse, que le monde du sport permet la naturalisation des athlètes : ils sont nombreux à défendre les couleurs d’un autre pays, qui en général offre de meilleures conditions d’entraînement et de possibilités de victoire[2]. Le Qatar avec les sports collectifs, la Turquie, les pays européens avec les pongistes chinoises, les exemples sont nombreux dans le sport olympique. C’est intéressant d’ailleurs de noter que l’achat d’athlètes par les pays du Golfe scandalise bien davantage que les naturalisations de sportifs issus d’anciennes colonies par les pays européens.[3] Cette tendance n’est évidemment pas exempte de risques : elle renforce le pouvoir de l’argent dans le milieu sportif, remplace l’investissement dans les équipements, la formation des sportifs et la détection des talents chez eux et affaiblit la relation symbolique avec les sportifs nationaux. Cependant le panorama est à nuancer puisque chaque fédération adopte sa propre réglementation qui cohabite par ailleurs avec celle du Comité international olympique. L’historien du sport Patrick Clastres rappelle d’ailleurs qu’initialement l’idée de nation n’était pas présente dans les premiers Jeux olympiques modernes : elle apparaît en 1908 sous la double pression des pays qui y voient le bénéfice politique et des médias qui en comprennent l’attractivité pour le public. C’est à ce moment-là que les comités olympiques nationaux et le Comité international olympique vont monter en force.[4]

Les footballeurs binationaux 

Comme dans les autres disciplines, certains footballeurs binationaux (avec la nationalité française) ont adopté une autre nationalité, qui n’est pas forcément liée à leurs origines. Aymeric Laporte joue pour l’Espagne, Armel Bella-Kotchap, franco-camerounais, qui depuis son jeune âge s’est formé en Allemagne, joue pour ce pays. Leur choix n’est pas motivé par des raisons familiales, mais par une opportunité professionnelle plus intéressante qu’en France. Ces sportifs privilégient donc leur développement professionnel plutôt que la représentation de leur pays, ce qui est le cas des Français de l’étranger en général, sans que personne ne considère que ces derniers trahissent leur pays en portant leur talent ailleurs. D’autant plus qu’à l’instar des autres Européens, ils ont le droit à circuler librement, sans être limités par des questions de visas.

Ce qui est plus commun en revanche, ceux sont les sportifs binationaux qui jouent dans le pays de leur autre nationalité (ou dans le pays d’origine de leur parents) : Raphaël Guerreiro de mère française et père portugais et Anthony Lopes d’origine portugaise, nés en France qui après leur formation ont fait le choix du Portugal ; Ludovic Obraniak, né en Moselle qui a opté pour la nationalité polonaise de son grand-père et Damien Perquis de sa grand-mère, la législation polonaise s’appuyant sur le droit du sang, permet la transmission de la nationalité. Ils ont été progressivement acceptés par les supporters comme « un des leurs ». Leurs exemples sont intéressants à double titre : par leur binationalité et par le choix du pays. En effet, on ne peut pas demander à un citoyen binational de naissance de choisir entre ses deux pays, car il n’a pas choisi d’être binational, ce sont les circonstances de sa naissance qui lui ont conféré ce statut. Un sportif binational s’est nécessairement davantage préparé dans l’un de ses deux pays, celui de sa résidence au moment de sa formation technique, que dans l’autre.

Plus habituellement, un joueur binational, Français de naissance et porteur d’une autre nationalité, celle de ses parents issus de l’immigration par exemple, optait pour la France. On note quelques exemples dans la sélection française, mais pas de la manière que l’on tend à croire. En effet, parmi les joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde de 2022, sont nés français et ont la seule nationalité française, avec ou l’un ou les deux parents d’origine étrangère :  Alphonse Areola, (parents philippins), Jules Koundé (père béninois, mère française), William Saliba (mère camerounaise, père libano-français), Randal Kolo Muani (parents congolais),  Ibrahima Konaté (parents maliens),  Youssouf Fofana (parents ivoiriens), Mattéo Guendouzi (mère française, père franco-marocain), Aurélien Tchouaméni (parents camerounais), Ousmane Dembélé (père malien, mère sénégalo-mauritanienne), Kylian Mbappé (père camerounais, mère française) et Steve Mandanda, (parents congolais, il est né à Kinshasa). Axel Disasi qui est français d’origine congolaise, a été présélectionné avec la République démocratique du Congo en mars 2020 mais a choisi la France (il n’est pas binational). Parmi ceux qui possèdent la double nationalité, il y a Dayot Upamecano né en France, d’une famille provenant de Guinée-Bissau, dont il possède également la nationalité ; Eduardo Camavinga né à Miconje, dans un camp de réfugiés où ses parents avaient fui la République du Congo, une enclave angolaise située entre la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo,  il détient les nationalités de l’Angola et de la République du Congo. Sa famille a quitté l’Angola pour la France en 2003 et obtenu la nationalité française en 2019, Eduardo Camavinga avait alors 17 ans et devenaitsélectionnable en équipe de France. Enfin le cas toujours polémique de Karim Benzema, enfant terrible du football hexagonal, de parents d’origine algérienne, qui a la double nationalité et avait laissé courir des rumeurs en 2006 sur une éventuelle sélection avec l’Algérie, déclarant sur RMC en décembre 2006 : « C’est le pays de mes parents, c’est dans le cœur. Mais bon après sportivement, c’est vrai que je jouerai en équipe de France. Je serai là toujours présent pour l’équipe de France. » Des propos que l’on retrouve très souvent dans la motivation de certains joueurs repartis jouer dans le pays de leurs parents à la grande joie de ces derniers. Donc si l’on s’en tient à la nationalité au sens légal, les binationaux sont extrêmement minoritaires en équipe de France.

D’ailleurs dans ce sens (vers la nationalité française), hormis l’extrême-droite, tout le monde s’accordait à trouver normal que les talents présents sur le territoire national alimentent le vivier français. Or depuis quelques années, on assiste à un phénomène nouveau que le dernier Mondial a rendu visible et dont le sujet a été médiatisé : le cas des joueurs Français binationaux qui ont joué pour la sélection de leur autre nationalité. En effet, dans cette édition, en plus des joueurs cités précédemment (A. Bella-Kotchap, A. Laporte, R. Guerreiro), il y avait aussi deux franco-marocains, huit franco-camerounais, neuf franco-sénégalais et 10 franco-tunisiens[5] qui n’ont pas joué pour la sélection tricolore. Sans oublier Karim Boudiaf dont le cas est emblématique : né en France d’une mère marocaine et de père algérien, il s’est formé en France avant de partir au Qatar à l’âge de 18 ans et a joué pour ce pays lors de la Coupe du monde. Pourtant les médias l’ont comptabilisé comme joueur français parti dans le Golfe alors même qu’il n’a jamais eu la nationalité française…Tendance qui se poursuit encore comme le montrent les rumeurs, depuis 2019, concernant le passage d’Houssem Aouar, franco-algérien (né en France de parents algériens) de la sélection française à celle de l’Algérie, qui semble se préciser, alors que le joueur n’a finalement pas été sélectionné pour la Coupe du Monde.[6] Cette situation est liée au fait que les clubs non-européens passent à l’offensive en essayant d’attirer des cadres formés en Europe et dont les liens avec le pays et la possibilité d’une meilleure place, voire d’une place tout court, peuvent séduire[7]. On se souviendra du cas emblématique de Lionel Messi, argentin parti à l’âge de 13 ans en Espagne, pays qui lui a proposé de la représenter, avant que l’Argentine ne favorise (invente diront certains) un match amical avec le Paraguay en 2004 lui permettant de faire ses débuts en sélection argentine.

Didier Deschamps a d’ailleurs été accusé par le Sénégal de n’avoir sélectionné Boubakar Kamara que pour empêcher le pays de l’intégrer à la sélection nationale. Le joueur a dû monter au créneau sur les réseaux sociaux : « Je n’ai jamais hésité avec le Sénégal. Certes on m’a vu sur les réseaux sociaux avec un maillot du Sénégal, mais c’était pendant la CAN, parce que mon père est sénégalais et qu’une partie de moi est sénégalaise » (tweet 29 mai 2022). A l’inverse, Abdou Diallo a opté pour l’équipe nationale sénégalaise et a dû aussi s’expliquer sur son choix, démontrant que la binationalité est toujours suspecte alors qu’elle est une richesse : « J’ai deux belles cultures, deux belles nationalités. Cela étant, il faut faire un choix. Mais ça ne fait pas de moi quelqu’un qui est moins Français. Ou plus Sénégalais. Je suis juste Abdou Diallo avec mon parcours, ma vie (…). Et aujourd’hui, c’est une force. Ma culture française, je l’aurai toujours. Mais je suis aussi Sénégalais, et ça non plus, on ne pourra jamais me l’enlever. Je ne suis pas un cas exceptionnel. La position de binational peut être difficilement compréhensible pour certains. Voire dérangeante. »[8] Il répondait simultanément aux accusations sur son allégeance et aux attaques, qui consistent à dire que c’est son niveau footballistique insuffisant pour être en sélection française qui l’a incité à défendre une équipe moins qualifiée.

Le cas de fratries binationales illustre encore davantage à quel point les motivations sportives sont dominantes pour les joueurs. Lucas et Théo Hernandez, nés à Marseille respectivement en 1996 et 1997, sont les fils de Jean-François Hernandez, joueur français d’origine espagnole qui a fini sa carrière en Espagne. La famille a déménagé à Madrid en 2000, trois ans avant que leur père ne les abandonne. Alors que Théo intègre les équipes de France jeune à partir de 2015 et est retenu en équipe de France en 2021, Lucas a joué en Espagne avant d’être appelé dans l’Hexagone par Didier Deschamps, ce qui avait fait grincer des dents et fait courir le soupçon, qu’au-delà des considérations footballistiques, il avait accepté pour échapper à des poursuites judiciaires liées à des violences conjugales.[9] Finalement sélectionnés tous deux pour la Coupe du monde 2023 avec le maillot tricolore (devenant les premiers frères évoluant ensemble en équipe de France en 89 ans), Théo remplacera son frère Lucas blessé. C’est une situation presque similaire à celle des frères Boateng : Jérôme Boateng, de mère allemande et père ghanéen, qui évoluait en Allemagne, a accepté la proposition du Ghana où il a trouvé sa place dans l’équipe nationale, ainsi que son frère Kevin-Prince Boateng. Dans la famille Aubameyang, alors que le père était un joueur international du Gabon[10], qui a évolué un temps en France, marié à une franco-espagnole, Pierre-Emerick Aubameyang aime rappeler qu’il est « franco-gabono-espagnol», possédant la triple nationalité. Après avoir été convoité il choisit en 2009 finalement de rejoindre le Gabon, ces deux frères Willy et Catilina y jouent depuis le début de leur carrière. En revanche, chez les frères Pogba, nés en France, seul Paul évolue en équipe de France, ses deux frères aînés, Florentin et Mathias, moins doués sont devenus internationaux guinéens.

On voit donc à quel point sur ce sujet se mêlent performance sportive et identité, enjeux professionnels et représentation nationale. Une question sous-jacente que pose cette « valse » des athlètes est le thème de la formation initiale : les années de préparation des sportifs de haut niveau sont coûteuses pour les pays. Quand une nation a investi dans un possible champion, le voir faire profiter de ses compétences à un autre pays à qui cela n’a rien coûté pourrait être un sujet de débat, comme lorsqu’un footballeur qui s’est formé dans un club part dans un autre juste avant de devenir professionnel. Concernant le sport, ce thème a été porté au Sénat en 2015[11] par Claudine Lepage, ancienne sénatrice représentant les Français établis hors de France et à l’Assemblée nationale en 2016 par Christophe Premat[12], ancien député de la 3ème circonscription des Français établis hors de France afin de trouver un moyen de mettre en valeur ces jeunes qui participent au rayonnement de la France[13]. En effet, il existe quelques talents français résidant à l’étranger et scolarisés dans les lycées français de l’Agence pour l’enseignement français de l’étranger (AEFE). Ces établissements identifient régulièrement des sportifs français (binationaux ou pas), ne serait-ce que par leur pratique d’une discipline sans dispositif existant comme en France (pas de section sportive scolaire, ni d’aménagement d’horaires) qui doivent s’arranger pour mener de front études et sport. Ces jeunes se forment dans le pays où ils vivent, mais grâce à leur nationalité française, pourraient être reconnus par la France et bénéficier de conditions similaires. Par exemple, lors des épreuves du baccalauréat, une épreuve Sportif de Haut Niveau (SHN), constituée d’un dossier et d’un entretien, est proposée ; elle est différente de l’option sport, évaluée par l’établissement et de la spécialité EPPCS (éducation physique, pratiques et culture sportives) mise en place en 2021. Compte tenu de leur niveau, le ministère de l’Éducation n’est pas en mesure de les évaluer et l’accord entre celui-ci et les fédérations sportives permet d’attribuer une note au regard des résultats sportifs. Le statut de sportif de haut niveau est attribué en France par le Ministère chargé des sports et les listes des jeunes scolarisés sont proposés par chaque fédération sportive française et ne prend pas en compte les Français appartenant à des fédérations non-françaises. Il n’existe pas non plus la mise en place de commissions ad hoc qui pourraient statuer au cas par cas. Les amendements déposés par les parlementaires ont été rejetés, et la France a perdu l’occasion de récupérer des nationaux dont la formation n’avait rien coûté…

On constate donc que la binationalité qui est antérieure à la carrière sportive est un sujet éminemment politique, car elle touche aux représentations identitaires, tout comme le sport qui est traversé par les tendances sociologiques du moment, dans un contexte mondialisé. La diplomatie sportive s’inscrit pleinement dans l’utilisation politique du sport par les nations. La FIFA s’est finalement emparée du sujet, exigeant que les joueurs démontrent un « lien évident » avec le pays dans lequel ils ne sont pas nés mais qu’ils souhaitent représenter, soit par l’existence d’un parent ou grand-parent issu de ce pays, soit par le fait d’y avoir eux-mêmes résidé au moins cinq ans, ce qui leur permet d’acquérir une nouvelle nationalité. Pour la partie sportive, la réglementation stipule que pour obtenir une nouvelle nationalité, il faut ne pas avoir disputé un match international avec une autre équipe nationale. Ces nouvelles dispositions montrent une volonté d’éviter une fuite des talents, mais attribuent à la double appartenance une forme de légitimité dans la démarche.[14]

Finalement l’opinion publique, omniprésente par l’émergence des réseaux sociaux et jamais avare de règles morales et normes comportementales appliquées à autrui, condamne l’athlète qui change de pays, que ce soit pour des raisons familiales, professionnelles, financières. Honte au sportif qui privilégie l’un de ses pays comme s’il trahissait l’autre, honte à celui qui change de nation comme s’il était un traître à la patrie, honte à celui qui après des années de sacrifice cherche les meilleures conditions pour son développement professionnel, honte à celui qui opte pour un meilleur rendement financier sachant que sa carrière sera nécessairement courte. Pourquoi le sportif devrait-il incarner une loyauté patriotique qui n’est exigée de personne d’autre ?

Par Florence Baillon et Matéo Zambrano


[1] https://www.liberation.fr/france-archive/1996/06/26/le-pen-fait-sa-selection-des-footballeurs-pas-assez-francais_173301/

[2] Ces athlètes étrangers qui ont choisi la France – L’Équipe (lequipe.fr)

[3] Le sport à l’épreuve des naturalisations. Le Qatar : cas isolé ou vraie tendance ? | Le Club (mediapart.fr),JO LONDRES 2012. Les Chinoises et le ping-pong: si on interdisait les naturalisations? – le Plus (nouvelobs.com)

[4] JO 2016 : de plus en plus de sportifs naturalisés ? Oui, mais la pratique est ancienne – le Plus (nouvelobs.com)

[5] Coupe du monde 2022: ces 37 joueurs nés en France qui vont jouer pour une autre sélection (bfmtv.com)

[6] France, Algérie : l’entourage d’Aouar calme le jeu (dailymercato.com)

[7] On en parlait déjà en 2011, voir Footballeurs binationaux: la France, pourquoi ils l’aiment, pourquoi ils la quittent | Slate.fr

[8] Les binationaux font débat à l’approche de la Coupe du monde (dicodusport.fr). Il y a également le cas exceptionnel de Dejan Stankovic, qui a joué pour trois équipes nationales différentes suite à l’évolution de son pays de naissance, https://www.leparisien.fr/sports/football/stankovic-trois-coupes-du-monde-avec-trois-selections-12-06-2010-962033.php

[9] Lucas Hernandez, l’Espagnol à l’accent français – ladepeche.fr

[10] Un certain nombre de joueurs sont des enfants d’anciens internationaux et sont parfois nés dans le pays ou leur père jouait au moment de leur naissance. C’est le cas de Gonzalo Gerardo Higuaín, né en France alors que son père, Jorge Higuaín, footballeur professionnel argentin y jouait. Il retourne en Argentine avant un an et ne parle pas français. Il décline une invitation pour un match amical comme joueur français en 2006, puis choisit l’Espagne plutôt qu’un club francais. Higuaín entre argent et Argentine – Libération (liberation.fr)

[11] https://www.senat.fr/amendements/2015-2016/71/Amdt_1.html

[12] https://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cedu/16-17/c1617023.asp

[13] La demande avait également été relayée par l’Assemblée des Français de l’étranger, à l’initiative de Mehdi Benlahcen, conseiller AFE pour la Péninsule ibérique en 2015, Statut de sportif de haut-niveau pour un élève français à (…) – Assemblée des Français de l’étranger (AFE) (assemblee-afe.fr)

[14] https://www.sudouest.fr/sport/football/binationaux-ces-footballeurs-qui-doivent-choisir-entre-deux-pays-7874650.php

Traduction en espagnol

Atletas binacionales, ¿figuras del mundo del mañana?

Si bien la binacionalidad no se beneficia de la sobreexposición obsesiva de los medios con respecto a la nacionalidad, la identidad y su léxico nefasto de « franceses de papel o nativos », de repente se vuelve central cada cuatro años en la época de la Copa Mundial de fútbol. Esto se explica tanto por la presencia de símbolos nacionales que abundan en el mundo del deporte y en sus eventos, como porque plantea la cuestión de la pertenencia a la comunidad nacional.

El atleta abanderado

El himno nacional, las banderas, los atuendos, las mascotas, declinados en todos los soportes posibles son tantos símbolos nacionales que representan a un país y su equipo en una competencia deportiva internacional, especialmente en el fútbol. La Copa del Mundo representa una tregua puntual, ya que el resto del tiempo es normal ver a los jugadores jugar en clubes de todo el mundo, sin que se mencione la doble nacionalidad. Con la Copa del Mundo, hay como una fiebre patriótica, la mayoría de las veces circunstancial y entusiasta agarra a todos, incluso a veces desafortunadamente de manera negativa, como en la semifinal Francia-Marruecos el 14 de diciembre de 2022. 

Fue Jean-Marie Le Pen quien inició en 1996 las preguntas sobre el origen de los jugadores franceses, tanto sobre el país de origen de sus padres como sobre su color de piel. Del mismo modo, la celebración de victorias de su país de origen o del de sus padres por parte de futbolísticas de franceses de origen extranjero a causado descontento, como si uno no pudiese amar a los dos países que constituyen su identidad. Paradójicamente, los ofendidos son los mismos que están encantados de ver a las comunidades francesas en el extranjero celebrando al equipo de Francia, con la boina y la bandera tricolor pintada en la cara.

Esta tensión es aún más curiosa, ya que el mundo del deporte permite la naturalización de los atletas: son numerosos los que defienden los colores de otro país, lo que generalmente ofrece mejores condiciones de entrenamiento y oportunidades para la victoria. Qatar con los deportes colectivos, Turquía, los países europeos con jugadores de tenis de mesa chinos, hay muchos ejemplos en el deporte olímpico. Es interesante notar que la compra de atletas por parte de los países del Golfo escandaliza mucho más que la naturalización de atletas de antiguas colonias por parte de países europeos. Esta tendencia obviamente no está exenta de riesgos: refuerza el poder del dinero en el mundo del deporte, reemplaza la inversión en el material, la formación de atletas, la detección de talentos en el país y debilita la relación simbólica con los atletas nacionales. Sin embargo, el panorama debe ser matizado ya que cada federación adopta su propio reglamento que también convive con el del Comité Olímpico Internacional. El historiador deportivo Patrick Clastres recuerda que inicialmente la idea de nación no estaba presente en los primeros Juegos Olímpicos modernos: apareció en 1908 bajo la doble presión de los países que veían el beneficio político y los medios de comunicación que entendían su atractivo para el público. Ahí es cuando los Comités Olímpicos Nacionales y el Comité Olímpico Internacional ganan importancia.

Futbolistas binacionales

Como en otras disciplinas, algunos futbolistas binacionales (con nacionalidad francesa) han adoptado otra nacionalidad, que no está necesariamente vinculada a sus orígenes. Aymeric Laporte juega para España, Armel Bella-Kotchap, franco-camerunés, que desde muy joven se formó en Alemania, juega para este país. Su elección no está motivada por razones familiares, sino por una oportunidad profesional más interesante que en Francia. Por lo tanto, estos atletas privilegian su desarrollo profesional en lugar de la representación de su país, como es el caso de los franceses en el extranjero en general, sin que nadie considere que traicionan a su país al llevar su talento a otra parte. Especialmente porque, al igual que otros europeos, tienen derecho a circular libremente, sin estar limitados por cuestiones de visado.

Lo que es más común, sin embargo, son los atletas binacionales que juegan en el país de su otra nacionalidad (o en el país de origen de sus padres): Raphaël Guerreiro de madre francesa y padre portugués y Anthony Lopes de origen portugués, nacido en Francia que después de su formación eligió Portugal; Ludovic Obraniak, nacido en Mosela que optó por la nacionalidad polaca de su abuelo y Damien Perquis de su abuela, ya que la legislación polaca es basada en el derecho de sangre y permite la transmisión de la nacionalidad. Fueron gradualmente aceptados por los hinchas como « uno de los suyos ». Sus ejemplos son interesantes por dos razones: por su doble nacionalidad y por la elección del país. De hecho, a un ciudadano binacional por nacimiento no se le puede pedir que elija entre sus dos países, porque no eligió ser binacional, son las circunstancias de su nacimiento las que le dieron este estatus. Un atleta binacional necesariamente se ha preparado más en uno de sus dos países, el de su residencia en el momento de su entrenamiento técnico, que en el otro. 

Tradicionalmente, un jugador binacional, francés de nacimiento y con otra nacionalidad, la de sus padres originarios de otro país, por ejemplo, optaba por Francia. Hay algunos ejemplos en la selección francesa, pero no en la forma en que tendemos a creer. De hecho, entre los jugadores seleccionados para la Copa del Mundo de 2022, nacieron franceses y tienen la única nacionalidad francesa, con o uno o ambos padres de origen extranjero: Alphonse Areola, (padres filipinos), Jules Koundé (padre beninés, madre francesa), William Saliba (madre camerunesa, padre libanes-francés), Randal Kolo Muani (padres congoleños), Ibrahima Konaté (padres malienses), Youssouf Fofana (padres marfileños), Mattéo Guendouzi (madre francesa, padre franco-marroquí), Aurélien Tchouaméni (padres cameruneses),  Ousmane Dembélé  (padre maliense, madre senegalesa-mauritana), Kylian Mbappé (padre camerunés, madre  francesa) y Steve Mandanda (padres congoleños, nació en Kinshasa). Axel Disasi, que es  francés de origen congoleño, fue preseleccionado con  la República Democrática del Congo en marzo de 2020, pero eligió Francia (no es binacional). Entre los que tienen doble nacionalidad, está Dayot Upamecano nacido en Francia, de una familia de Guinea-Bissau, de la que también tiene la nacionalidad; Eduardo Camavinga nació en Miconje, en un campo de refugiados donde sus padres habían huido de la República del Congo, un enclave angoleño situado entre la República Democrática del Congo (RDC) y la República del Congo, tiene las nacionalidades de Angola y de la República del Congo. Su familia se fue de Angola a Francia en 2003 y obtuvo la nacionalidad francesa en 2019, Eduardo Camavinga tenía entonces 17 años y se convirtió en seleccionable en el equipo de Francia. Finalmente, el siempre polémico caso de Karim Benzema, niño terrible del fútbol francés, de padres de origen argelino, que tiene doble nacionalidad y había dejado correr rumores en 2006 sobre una posible selección con Argelia, declarando en RMC en diciembre de 2006: « Es el país de mis padres, está en el corazón. Pero después del deporte, es cierto que jugaré en el equipo de Francia. Siempre estaré ahí para el equipo de Francia.”  Palabras que muy a menudo se encuentran en la motivación de algunos jugadores que han vuelto a jugar en el país de sus padres para la felicidad de estos. Entonces, si nos atenemos a la nacionalidad en el sentido legal, las binacionales son extremadamente minoritarias en los equipos de Francia. 

Además, en este sentido (la nacionalidad francesa), aparte de la extrema derecha, todo el mundo encuentra normal que los talentos presentes en el territorio nacional alimenten el semillero francés. Pero en los últimos años, hemos sido testigos de un nuevo fenómeno que la última Copa del Mundo visibilizó y cuyo tema fue mediatizado: el caso de los jugadores franceses binacionales que jugaron para la selección de su otra nacionalidad. De hecho, en esta edición, además de los jugadores mencionados anteriormente (A. Bella-Kotchap, A. Laporte, R. Guerreiro), también hubo dos franco-marroquíes, ocho franco-cameruneses, nueve franco-senegaleses y 10 franco-tunecinos que no jugaron para el equipo nacional. Sin olvidar Karim Boudiaf, cuyo caso es emblemático: nacido en Francia de madre marroquí y padre argelino, se formó en Francia antes de mudarse a Qatar a los 18 años y jugó para ese país en la Copa del Mundo. Sin embargo, los medios lo contaron como un jugador francés que se fue al Golfo a pesar de que nunca tuvo la nacionalidad francesa. Tendencia que aún continúa como lo demuestran los rumores, desde 2019, sobre el paso de Houssem Aouar, franco-argelino (nacido en Francia de padres argelinos) de la selección francesa a la de Argelia, que parece estar cada vez más claro, mientras que el jugador finalmente no fue seleccionado para la Copa del Mundo. Esta situación está vinculada al hecho de que los clubes no europeos están pasando a la ofensiva al tratar de atraer a ejecutivos formados en Europa y cuyos vínculos con el país y la posibilidad de un lugar mejor, o incluso un lugar, pueden seducir. Recordaremos el caso emblemático de Lionel Messi, argentino que se fue a los 13 años a España, país que se ofreció a representarlo, antes de que Argentina elegida por el jugador (algunos dirían inventado) un partido amistoso con Paraguay en 2004 que le permitiera debutar en la selección argentina. 

Didier Deschamps también ha sido acusado por Senegal de haber seleccionado a Boubakar Kamara solo para evitar que el país lo integrara en el equipo nacional. El jugador se tuvo que defender en las redes sociales: « Nunca dudé con Senegal. Ciertamente me vieron en las redes sociales con una camiseta de Senegal, pero fue durante la CAN, porque mi padre es senegalés y parte de mí es senegalés » (tweet 29 de mayo de 2022). Por el contrario, Abdou Diallo optó por el equipo nacional senegalés y también tuvo que explicar su elección, demostrando que la binacionalidad siempre es sospechosa mientras que es una riqueza: « Tengo dos culturas hermosas, dos nacionalidades hermosas. Siendo así, hay que elegir. Pero eso no me hace menos francés. O más senegaleses. Solo soy Abdou Diallo con mi trayectoria, mi vida (…). Y hoy, es una fortaleza. Mi cultura francesa, siempre la tendré. Pero también soy senegalés, y eso también, nunca me lo pueden quitar. No soy un caso excepcional. La posición de binacional puede ser difícil de entender para algunos. Incluso molestosa.”  Al mismo tiempo, estaba respondiendo a las acusaciones sobre su lealtad y ataques, que consisten en decir que fue su nivel insuficiente de fútbol para estar en el equipo nacional francés lo que lo impulsó a defender a un equipo menos calificado.

El caso de los hermanos binacionales ilustra aún más cuán dominantes son las motivaciones deportivas para los jugadores. Lucas y Théo Hernández, nacidos en Marsella en 1996 y 1997 respectivamente, son hijos de Jean-François Hernández, un jugador francés de origen español que terminó su carrera en España. La familia se mudó a Madrid en 2000, tres años antes de que su padre los abandonara. Mientras Theo se unió a los equipos juveniles de Francia desde 2015 y fue seleccionado en el equipo de Francia en 2021, Lucas jugó en España antes de ser llamado a Francia por Didier Deschamps, lo que estremeciera a la gente, sospechando, que más allá de consideraciones futbolísticas, había aceptado para escapar de los procedimientos legales relacionados una denuncia de violencia doméstica. Finalmente, ambos son seleccionados para el Mundial de 2022 con la camiseta tricolor (convirtiéndose en los primeros hermanos jugando juntos en el equipo de Francia en 89 años), Theo reemplazará a su hermano Lucas lesionado. Es una situación casi similar a la de los hermanos Boateng: Jerome Boateng, de madre alemana y padre ghanés, que jugaba en Alemania y aceptó la oferta de Ghana donde encontró su lugar en el equipo nacional, así como su hermano Kevin-Prince Boateng. En la familia Aubameyang, mientras que el padre era un jugador internacional de Gabón, que jugó durante un tiempo en Francia, casado con una franco-española, a Pierre-Emerick Aubameyang le gusta recordar que es « franco-gabonesa-español », poseyendo triple nacionalidad. Después de ser codiciado, finalmente eligió en 2009 unirse a Gabón, estos dos hermanos Willy y Catilina juegan allí desde el comienzo de su carrera. En cambio, entre los hermanos Pogba, nacidos en Francia, solo Paul juega en el equipo de Francia, sus dos hermanos mayores, Florentin y Mathias, se han convertido en internacionales guineanos.

Por lo tanto, podemos ver hasta qué punto en este tema, se mezclan el rendimiento deportivo y la identidad, las cuestiones profesionales y la representación nacional. Una pregunta subyacente planteada por este « vals » de los atletas es el tema de la formación inicial: los años de preparación de los atletas de alto nivel son costosos para los países. Cuando una nación ha invertido en un posible campeón, verlo transmitir sus habilidades a otro país al que no le ha costado nada podría ser un tema de debate, como cuando un futbolista que entrenó en un club se va a otro justo antes de convertirse en profesional. En cuanto al deporte, este tema fue llevado al Senado en 2015 por Claudine Lepage, exsenadora que representa a los franceses que viven fuera de Francia y a la Asamblea Nacional en 2016 por Christophe Premat, ex diputado de la 3ra circunscripción de los franceses que viven fuera de Francia para encontrar una manera de destacar a estos jóvenes que participan en la influencia de Francia. De hecho, hay algunos talentos franceses que residen en el extranjero y se educan en las escuelas secundarias francesas de la Agencia para la Educación Francesa en el Extranjero (AEFE). Estos establecimientos identifican regularmente a los atletas franceses (binacionales o no), aunque solo sea por su práctica de una disciplina sin dispositivo existente como en Francia (sin sección para deportistas, ni horario adaptado) que deben organizar para llevar a cabo estudios y deportes al mismo tiempo. Estos jóvenes se forman en el país donde viven, pero gracias a su nacionalidad francesa, podrían ser reconocidos por Francia y beneficiarse de condiciones similares. Por ejemplo, durante los exámenes de bachillerato francés, se propone una Prueba Deportiva de Alto Nivel (SHN), que consiste en un dossier y una entrevista; es diferente de la opción deportiva, evaluada por la institución y de la especialidad EPPCS (educación física, prácticas deportivas y cultura) creada en 2021. Dado su nivel, el Ministerio de Educación no está en condiciones de evaluarlos y el acuerdo entre él y las federaciones deportivas permite asignar una puntuación con respecto a los resultados deportivos. El estatus de atleta de alto nivel es otorgado en Francia por el Ministerio de Deportes y las listas de jóvenes que asisten a la escuela son propuestas por cada federación deportiva francesa y no toma en cuenta a los franceses pertenecientes a federaciones extranjeras. No existe tampoco un comité ad hoc para decidir caso por caso. Las enmiendas presentadas por los parlamentarios fueron rechazadas y Francia perdió la oportunidad de recuperar a los nacionales cuya formación no había costado nada…

Por lo tanto, podemos ver que la binacionalidad  anterior a una carrera deportiva, es un tema eminentemente político, porque afecta a las representaciones identitarias, al igual que el deporte, que está atravesado por las tendencias sociológicas del momento, en un contexto globalizado. La diplomacia deportiva está totalmente alineada con el uso político del deporte por parte de las naciones. La FIFA finalmente retomó el tema, exigiendo a los jugadores que demuestren una « conexión clara » con el país en el que no nacieron pero que desean representar, ya sea por la existencia de un padre o abuelo de ese país, o por haber residido allí durante al menos cinco años, lo que les permite adquirir una nueva nacionalidad. Para la parte deportiva, la normativa estipula que, para obtener una nueva nacionalidad, es necesario no haber jugado un partido internacional con otra selección nacional. Estas nuevas disposiciones muestran el deseo de evitar una fuga de talentos, pero atribuyen a la doble membresía una forma de legitimidad en el proceso.

Finalmente, la opinión pública, omnipresente por la aparición de las redes sociales y nunca tacaña con la moral y las normas de comportamiento aplicadas a los demás, condena al atleta que cambia de país, ya sea por razones familiares, profesionales o financieras. Vergüenza para el deportista que privilegia a uno de sus países como si estuviera traicionando al otro, vergüenza para el que cambia de nación como si fuera un traidor a la patria, vergüenza para el que después de años de sacrificio busca las mejores condiciones para su desarrollo profesional, vergüenza para el que opta por un mejor rendimiento financiero sabiendo que su carrera será necesariamente corta. ¿Por qué el atleta debe encarnar una lealtad patriótica que no se exige a nadie más?

Florence Baillon y Mateo Zambrano

[1] Jean-Marie Le Pen fue fundador y presidente (1972-2011) del partido Front National, que se ubica a la extrema derecha en Francia, https://www.liberation.fr/france-archive/1996/06/26/le-pen-fait-sa-selection-des-footballeurs-pas-assez-francais_173301/

[2] https://www.lequipe.fr/Athletisme/Actualites/Ces-athletes-etrangers-qui-ont-choisi-la-france/1095080

[3] https://blogs.mediapart.fr/sport-and-citizenship/blog/050215/le-sport-l-epreuve-des-naturalisations-le-qatar-cas-isole-ou-vraie-tendance, https://leplus.nouvelobs.com/contribution/603589-les-chinoises-et-le-tennis-de-table-si-on-interdisait-les-naturalisations.html

[4] https://leplus.nouvelobs.com/contribution/1546670-jo-2016-de-plus-en-plus-de-sportifs-naturalises-oui-mais-la-pratique-est-ancienne.html

[5] https://rmcsport.bfmtv.com/football/coupe-du-monde/coupe-du-monde-2022-ces-joueurs-nes-en-france-qui-vont-jouer-pour-une-autre-selection_AV-202211190054.html

[6] https://www.dailymercato.com/news/france-algerie-lentourage-daouar-calme-le-jeu

[7] En 2011, ya se hablaba del tema: https://www.slate.fr/story/39063/foot-binationaux-france-quitter-rester-algerie

[8] https://dicodusport.fr/blog/les-binationaux-font-debat-a-lapproche-de-la-coupe-du-monde/ Existe también el caso excepcional de Dejan Stankovic, que jugo para tres equipos nacionales diferentes, por consecuencia de la evolución de su país nativo, Stankovic, trois Coupes du monde avec trois sélections – Le Parisien

[9] https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/21/2764068-lucas-hernandez-l-espagnol-a-l-accent-francais.html

[10] Varios jugadores son hijos de ex-jugadores internacionales y algunos nacieron en el país donde su padre jugaba al momento de su nacimiento. Es el caso de Gonzalo Gerardo Higuaín, nacido en Francia mientras que su padre, Jorge Higuaín, profesional argentino jugaba en el país. Regresa en Argentina antes de cumplir un año y no habla francés. Rechaza una invitación para un partido amistoso como jugador francés en 2006, luego elige España en vez de un club francés, https://www.liberation.fr/sports/2006/11/14/higuain-entre-argent-et-argentine_57192/

[11] https://www.senat.fr/amendements/2015-2016/71/Amdt_1.html

[12] https://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cedu/16-17/c1617023.asp

[13] El pedido se realizó también en la Asamblea de los Franceses del exterior (AFE), siendo una iniciativa de Mehdi Benlahcen, consejero AFE para la Península ibérica en 2015 https://www.assemblee-afe.fr/statut-de-sportif-de-haut-niveau.html

[14] https://www.sudouest.fr/sport/football/binationaux-ces-footballeurs-qui-doivent-choisir-entre-deux-pays-7874650.php

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